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Livre de chevet: Les Yeux Jaunes des Crocodiles (Pancol)

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Publié par gaelle | Classé dans Critiques, Livre | Publié le 14-04-2010 | 384 vues

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Le livre qui m'a réconcilié avec la lecture (des pavés de plus de 500 pages!)

Que dire pour vous donner envie de lire ce roman sans tomber dans la banalité et sans répéter ce que tout le monde en a déjà dit? La tache est ardue…

Tout d'abord, pour bien comprendre mon engouement pour ce livre, je dois vous dire deux ou trois choses qui vous mettront dans le bon contexte:

1) Je n'avais jamais lu de roman de Katherine Pancol avant celui là

2) J'ai lu, avant ce livre, une bonne demi-douzaine de romans policiers, et je dois dire que j'avais besoin d'un peu plus de légèreté après tous ces cadavres et ces experts en traces de sang et ces flics torturés du cerveau qu'on vous sert dans la plupart des bons thrillers d'aujourd'hui!

3) Je n'ai pas lu Ensemble, C'est Tout de Gavalda (oh! c'est pas possible!!!) donc je ne pourrai pas vous dire que c'est du Gavalda en vachement moins bien

Voilà pour ça. Bon, alors je suis tombée sur ce livre un peu par hasard et le résumé du quatrième-de-couverture m'a donné envie d'aller plus loin: énigmatique, on pourrait résumer ce résumé par "ce roman, c'est la vie"… Un peu facile mais bon. Pour vous dire un peu de quoi il retourne:

C'est l'histoire de deux soeurs très différentes, chacune en proie à des problèmes plus ou moins existentiels. La première, un peu empotée et pas très sûre d'elle, se fait larguer par son mari pour une jeune esthéticienne; la seconde, belle et superficielle, ne sait plus quoi faire pour attirer l'attention sur elle et s'ennuie dans sa vie de bourgeoise parisienne bling bling

Au début, ça fait un peu penser à In Her Shoes, de Jennifer Weiner (Oops, pardon, Chaussure à son Pied en français…), deux soeurs que tout oppose, l'une qui vient faire irruption dans la vie de l'autre sans trop lui demander son avis, des problèmes avec les parents parce que l'un est décédé et l'autre refait sa vie, et, bien sûr, le happy end traditionnel avec à la clé épanouissement personnel et professionnel… Sauf que Pancol c'est quand même vachement moins américain (faut voir le prénom de l'héroïne: Joséphine!) et le happy end n'est pas si happy que ça… Enfin pas pour tout le monde.

Alors, pourquoi c'est bien? Tout d'abord, parce que ce roman est si fluide et si bien écrit qu'il se lit facilement, malgré le nombre de pages. Le style de Pancol m'a personnellement beaucoup touché et elle a le don de se glisser sous la peau de ses personnages et nous livrer leurs plus intimes pensées, leurs peurs les plus profondes, leurs espoirs les plus fous, jusqu'à leurs petites manies ridicules… C'est touchant, même si les personnages sont parfois un peu stéréotypés, même s'il y a deux ou trois noeuds dans l'intrigue qui paraissent complètement tirés par les cheveux, même si quelques fois on a envie de foutre une claque à l'héroïne en lui disant "Hey ho, réveille-toi! On a pas idée d'être aussi naïve!".

Malgré ces petits écueils, on arrive sans peine à s'identifier aux personnages, et ce qui leur arrive c'est ce qui nous arrive à tous, tous les jours: une rupture, une infidélité, une envie de tout recommencer ailleurs, un désir de faire ce qu'on a toujours rêvé de faire sans jamais oser sauter le pas. Les relations entre les personnages sont elles aussi bien dépeintes: la fille mi-ado mi-femme fatale qui ne supporte plus sa gourde de mère, la fille "trop bonne, trop conne" qui ne dit jamais rien et se laisse bouffer par sa famille qui décide de se rebeller et pour une fois, dire ce qu'elle pense, les deux soeurs qui s'aiment mais qui se jalousent, le mari qui ne supporte plus d'aimer par habitude… C'est du vécu, on se reconnait tous là dedans.

Pour résumer (et après j'arrête, promis!), ce livre, c'est le triomphe de l'être sur le paraître, le parcours d'une femme qui a décidé d'arrêter de se laisser balloter par la vie et de prendre les choses en main, c'est l'histoire de cette femme qui se lève un matin et se dit "Aujourd'hui, j'arrête de me chercher des excuses et d'en trouver aux autres tout le temps, je dis tout haut ce que je pense tout bas et j'arrête de penser que je ne suis bonne à rien faire et que je suis incapable de réaliser mes rêves".

Tout simplement touchant. Je lis la suite (La Valse Lente des Tortues) et je vous en parle bientôt… 

 

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Commentaire(s) (4)

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